O Rinoceronte de Dürer a été tourné en extérieur à Lisbonne, au panoptique de l’hôpital Miguel Bombarda construit en 1896 à Lisbonne. Il a été réalisé en collaboration avec les patients de la clinique psychiatrique de jour, qui sont les acteurs du film. L’histoire fragmentaire de O Rinoceronte de Dürer a été élaborée par les patients au cours d’ateliers conduits avant le tournage du film, où ils se sont imaginés être les résidents de l’ancien asile. Ils ont joué ces scénarios de fiction au sein même des cellules qui leur étaient assignées. Les images sont associées à un commentaire citant la Lettre de Jeremy Bentham décrivant le Panoptique, La Caverne de Platon ou Le Terrier de Kafka.
Cette vidéo m’a beaucoup touchée car le sentiment d’enfermement et la privation de liberté ressortent dans ce lieu. Les «acteurs» qui sont en réalité des patients de l’asile survivent et arrivent à communiquer par la musique bien qu’enfermés et stigmatisés comme «fous». On perçoit leur sensibilité extrême et leur tristesse qui les amène parfois à agir avec absurdité. Pourtant ils ne se laissent pas aller au désespoir et acceptent leur condition. On se demande alors qui sont les fous et qui sont les sages? A-t-on réellement le droit de priver des personnes de leur liberté sous prétexte qu’elles perçoivent le monde différemment de nous?